J’adore cette sensation de découverte fortuite. Je n’ai aucune idée d’où vient ce Big K.R.I.T. Son flow relâché mais percutant laisse trahir ses origines sudistes. Il viendrait du Mississipi et a sorti une mixtape l’année passée. C’est tout ce que j’en sais. Ce que j’entends en revanche lorsque j’écoute Country Shit, c’est ce frisson ravivé de la première écoute de What You Know de T.I., cette fresque mélangeant simili-désenchantement et egotisme de combattant.

Big K.R.I.T. ne s’affole pas. Cette rigueur mêlée de hargne et de vigueur, cette verve nous masque un véritable travail de fond. Il s’élève, et se pose en surimpression d’une production profonde mais discrète. Il n’y a que peu de moment de répit dans ce Country Shit, comme si chaque seconde de son intervention était essentielle ; alors il nous harangue, il nous prend et nous balance, il occupe chaque espace soufflé comme s’il devait se taire à jamais.

Je ne sais pas vraiment qui est ce Big K.R.I.T., je sais à peu près d’où il vient, mais n’en sait pas réellement plus sur là où il souhaite aller. Je sais juste que son Country Shit est une fulgurance, une embardée brusque à en faire trembler les saillies les plus établies. Une lueur par-dessus les ruines.