Charlie Alex March a peut-être manqué sa vocation, car avec un tel talent de composition, il ferait un excellent compositeur pour bandes sonores filmographiques. Cela pourrait paraître comme une évolution moins noble ; néanmoins à l’écoute de son premier album Home/Hidden, une telle cohérence dans le propos comme dans les ambiances déclinées, l’évidence n’est que résultante d’un constat avéré.

Ce ne sera pas ce "Cortot n°6", au nom fort adéquat, qui nous fera mentir. Fortement imprégnée d’un classicisme symph$onique éclatant, cette composition évoque autant qu’elle illumine. Les éléments s’invoquent autant qu’elles se parlent, se répondent et s’enlacent. Les violons romantiques et passionnés font ainsi la cour à des synthés, d’abord en retenue, pour s’emporter et s’insérer dans une valse rétro-moderne, illustre imagerie désuète à l’infaillible pouvoir d’évocation et d’imagination.

Le jeune anglais s’émerveille d’un zeitgeist que l’on croit désormais révolu, autant que nous nous complaisons dans ce cotonneux nuage intime, aussi éphémère que fondamental.