Consciemment, je me retrouve à réitérer constamment les mêmes erreurs. Les mêmes choses à ne pas dire. Les mêmes paroles qui ne seront jamais dites. Saboter ses relations. Saboter sa carrière. Eviter les mains tendues. Eviter les yeux aimants. Il est dès lors plus simple de s’apitoyer que ne devoir vraiment agir. Changer est un mythe, une utopie. On ne se rattache qu’à ce que l’on sait vraiment, nos erreurs conscientes proviennent de cette inadéquation entre nos pulsions et notre raison. Nous ne sommes que l’ensemble de nos vérités.

Il y a deux ans s’ouvrait ce blog avec les Crystal Castles. Aujourd’hui, avec un nouvel album aussi percutant que différent du premier, les Canadiens sont la parfaite métaphore de cet espace connaissant le renouveau. Moins décousu qu’auparavant, le nouveau Crystal Castles est surtout un exorcisme prenant. Se débarrassant des excès afin de canaliser leur énergie, il est évident que les poncifs et le message demeurent irrémédiablement. Sous une noyade d’artifices, la voix d’Alice Glass, constamment réprouvée, inéluctablement amenée à s’éteindre, ne peut qu’inusablement s’égosiller : crier vie, chanter âme.

Les manières sont mieux poncées. Les ficelles sont mieux fixées. Mais derrière ces ornements et ces faux-semblants, les mots restent les mêmes ; les maux restent tragiquement toujours les mêmes.