La fin des choses

Je vois la fin des choses. A leurs faîtes. A leurs aubes. A leurs apparitions brutales et soudaines. Je ne vois en nos existences qu’embranchements d’instants, de fragments, une substance coulant en continu, et trouvant une finalité abrupte et promise depuis les fondements même de sa conception. Tout mène à cette frontière entre les périodes de l’être, cette fracture prévue et nécessaire. Je sais que tout à une fin, je sais que tout n’est qu’instant glané au nez du temps dans un combat vain et inégal. Nos armes, humanité et sentiments, ne sont qu’artifices face à l’édifice qui s’érige, inébranlable et inexorable construction d’une dimension qui ne peut que nous être inconnue.
Comment vivre avec sa mortalité. Comment vivre sans destination. Comment unir hédonisme et déchéance inévitable. Comment demeurer décent en pleine décadence. Comment réaliser la fin des temps. Comment exister lorsque l’on voit la fin de tout.
Elle s’est mise à pleurer. A réaliser brutalement ce qu’elle savait depuis longtemps déjà. Que sonnait finalement le glas. Qu’il ne resterait plus rien de cette histoire entre elle et moi. Que tout finirait là. Je la regardai, et je ne pleurai pas. Je lui ai pris la main. Je lui ai dit que c’était la fin. Je lui ai dit que tout irait bien.
"Oblivion" disponible sur Visions sorti le 21 février 2012 sur 4AD
Écrit le 12 avril 2012